Les SVT et l'EIST à Barcelonnette
Les animaux se déplacent beaucoup, même si nous ne les voyons pas. Les empreintes dans la terre ou dans la neige peuvent nous permettre de les identifier. Voyons comment devenir un vrai pisteur…
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Les connaissances de base d'un bon pisteur


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  Les 4 étapes de la reconnaissance de traces :

1. Les empreintes
2. Pistes et voies
3. Concordance avec d’autres indices
4. Connaissance de la faune locale

Les empreintes

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La forme laissée par la patte de l’animal nous donne déjà une bonne indication. L’autre indice principal est la taille de l’empreinte. Sur le terrain, un mètre est donc un outil très utile.

On peut distinguer 3 groupes d’animaux suivant la manière dont ils s’appuient sur leurs pattes :

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  Les digitigrades



Ils marchent sur leurs doigts (phalanges en rouge) et leur plante (métacarpiens en bleu). La paume (carpiens en vert) ne touche pas le sol.



Plante et doigts sont recouverts de coussinets ou pelotes qui laissent des empreintes caractéristiques.

Source

Ce sont généralement des carnivores comme les félins (chat, lynx…) ou les canidés (renard, chien, loup…)...

Critères de détermination :
- Taille de l'empreinte
- Nombre de pelotes
- Forme et disposition des pelotes
- Présence ou non de griffes

Exemple de comparaison des empreintes de renard et de chien
Source : Balades naturalistes


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  Les plantigrades



Le pied ou la main repose entièrement sur le sol. L'appui se fait donc sur les doigts (phalanges en rouge), la plante (métacarpiens en bleu) et la paume (carpiens en vert).



La patte reposant entièrement sur le sol, l'empreinte à une forme de main ouverte.

Source

Ce sont généralement des insectivores (exemple : hérisson) ou des rongeurs (exemple : mulot).

Critères de détermination :
- Taille de l'empreinte
- Nombre de doigts
- Forme de l'empreinte
- Présence ou non de palmures


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  Les ongulés



L'animal s'appui sur la pointe des doigts (phalanges en rouge) qui est recouverte de corne. Le revêtement corné est appelé "sabot".



L'adaptation à la course a entraîné une réduction du nombre des doigts. L'implantation plus ou moins haute sur la patte des doigts postérieurs réduits fait qu'ils s'impriment ou pas selon les espèces.

Source

Ce sont généralement des herbivores domestiques (vache, mouton, cheval...) ou sauvages (cerf, chamois, chevreuil...). Cochon et sangliers font partie des ongulés et sont omnivores.

Critères de détermination :
- Taille de l'empreinte
- Nombre de doigts ou ongles
- Largeur et taille des doigts
- Forme et taille des éponges
- Présence ou non de gardes
- Taille du filet
- Forme des pinces


Voies et pistes

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Le déplacement d'un animal en forêt crée momentanément une 'piste', qui se décompose en une suite d'empreintes laissées par les quatre pattes de l'animal en mouvement, chaque ensemble de quatre pattes étant dénommé 'voie'.

L'observation de l'écart entre les empreintes gauches et droites, et leur enchaînement, fournit de précieux indices pour déterminer l'espèce, la taille, l'allure et le poids de l'animal.
Source : ONF

La forme de la voie dépend de l'allure de l'animal.

Voies de renard à différentes allures
Source : Balades naturalistes

Pour certaines espèces ayant des empreintes très proches, l'étude de la voie et de la piste peut donner de précieux indices :


Ainsi dans la neige, le loup peut mettre les pattes arrière dans les traces des pattes avant ce qui n'est jamais le cas du chien. De manière générale, les empreintes du loup sont généralement plus dans l'axe que celles du chien.


De plus, la piste du loup est relativement rectiligne alors que la piste du chien "vagabonde" de part et d'autres.


Certaines voies permettent d'identifier l'espèce du premier coup d'œil, sans même porter attention à la forme de l'empreinte :

Voie du lièvre typique en forme de Y

Voie de l'écureuil typique en forme de V

Concordance avec d’autres indices

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Parfois, les empreintes seules sont insuffisantes pour avoir une certitude sur l'animal qui les a laissé. C'est souvent le cas lorsque les empreintes sont mal conservées, que la voie est difficile à mettre en évidence ou que la piste est très incomplète.

Une empreinte de lièvre. Difficile à identifier si elle est isolée : lorsque la neige se transforme, la taille de l'empreinte s'agrandit et les détails s'effacent.

Empreinte de lièvre dans la neige

Dans ce cas, d'autres indices peuvent aider à lever le doute :

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  La présence de restes de repas

Ça peut être des pommes de pin rongées, des morceaux de cadavres d'animaux, des végétaux "entamés"...

Le lièvre et le chevreuil peuvent tous deux se nourrir de bourgeons. Cependant, la forme de la "coupe" dépend de l'animal :

Le lièvre coupe les branches en biseau net avec ses incisives tranchantes.

Le chevreuil arrache la branche et laisse une petite lamelle correspondant à l'écartement entre ses incisives.

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  Les crottes

De même que pour les empreintes, il est possible de déterminer l'animal qui a laissé ces indices grâce à un certain nombres de critères :

- La forme
- La taille
- Le contenu (herbe, poils, restes d'os...)

Ainsi, les crottes de chien domestique seront plutôt homogènes (nutrition à base d'aliments mous et de croquettes) alors que les crottes de loup contiendront des poils et des morceaux d'os. Cependant, une crotte de chien errant peut avoir les mêmes caractéristiques que celles d'une crotte de loup. Il reste alors l'analyse génétique pour faire la différence.

Crotte de chien, bien homogène ;)

Crotte de loup : on peut voir des poils

Attention

Les crottes de carnivore peuvent contenir des microbes toxiques pour l'Homme. A ne manipuler qu'avec des gants !
Aucun problème par contre pour les crottes d'herbivores.

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  Les habitations

Ça peut être un terrier, un nid, un trou dans un arbre... De nombreux animaux peuvent être reconnus à leur façon de construire leur habitation.

Exemple d'un terrier de renard et d'un terrier de blaireau :

Terrier de blaireau

Terrier de renard

Source : Vinciane SCHOCKERT, Université de Liège

• Cône de déblais devant les gueules du terrier
• « Gouttière » ou « toboggan »
• Arbre(s) griffé(s) à proximité
• Pas d’odeur se dégageant du terrier
• Coulées bien marquées partant du terrier
• Reste de litières fréquemment visibles à proximité du terrier
• Pas de reste alimentaire
• Pas d’excréments près du terrier

Source : Pierre QUIRIET ac-versailles

• Pas ou peu de déblais devant l’entrée si terrier creusé par le renard
• Pas de gouttière
• Pas d’arbres griffés
• Odeur musquée +/- marquée
• Coulées faiblement ou pas marquées
• Pas de trace de litière visible à proximité du terrier
• Reste alimentaire fréquent
• Excréments à proximité

Source du texte : Sébastien Dugravot, Gaëlle Richard & Alexandre Carpentier

Coulée : "Chemin" plus ou moins marqué employé régulièrement par l'animal.

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  Les marques de délimitation du territoire

Ce sont le plus souvent de l'urine et/où des excréments. Mais ça peut être aussi des griffures sur un tronc d'arbre...

Exemple du chevreuil : (Source du texte : ONF)

Pour marquer son territoire, le brocard (chevreuil mâle) fabrique des marques très visibles que l'on nomme frottis.
Pour ce faire, il choisit de très jeunes arbres à l'écorce encore tendre, qu'il lacère avec les bois de sa tête, véritables râpes en os. Ces jeunes arbres de 1,5 m sont presque mis à nu sur plus de 20 à 30 cm de hauteur.

En fait c'est surtout en été que le brocard pratique ces dénudages. C'est sa manière de déposer une sécrétion forte qui provient de glandes situées à la base des bois.

Il complète ce frottis par un grattage du sol avec les pattes arrière et crée ainsi une autre marque de territoire : le régalis. Cependant il arrive aussi que ces régalis se rencontrent sans frottis à proximité.

Frottis de chevreuil

Regalis de chevreuil

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  Les poils

La reconnaissance des poils peut être très complexe. Cependant, quelques indices simples peuvent être relevés sur le terrain :

- Poils longs, blancs et ondulés : sans doute des moutons...
- Poil épais et fourchu, marron : sanglier

Connaissance de la faune locale

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Parfois, une simple connaissance des espèces présentes ou absentes localement peut éviter de faire des erreurs. Dans la vallée de l'Ubaye par exemple, impossible de confondre des traces de lièvre et de lapin : il n'y a pas de lapin !

De même, difficile de trouver des traces de bouquetins ou de chamois dans la vallée. On y trouvera plus probablement des traces de chevreuil et de cervidés.